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Píllaro

par fredycarole 4 Janvier 2018, 02:31 Janvier 2018

Sur les bons conseils d'une amie équatorienne, nous rejoignons le petit village de Píllaro (vers Ambato), pour la fête traditionnelle de la Diablada qui a lieu chaque année la première semaine de janvier.

Dès l'arrivée, vers 6h du matin, on retrouve le froid mordant (car matinal) de la Sierra.... On s'était bien habitués à la chaleur de la côte et à laisser la polaire de côté !

Píllaro est un village très agréable et ses habitants sont très accueillants, on sent qu'il y fait bon vivre. On est surpris par le nombre de personnes âgées, qui au passage sont ravies de voir arriver des touristes dans leur village pour cette grande occasion de la Diablada.

 

Dès 10h, les rues commencent à s'animer et le soleil à réchauffer tous les diables qui commencent à investir les allées.

 

Les masques sont impressionnants, avec plein de détails horrifiants ! Sans compter les vraies cornes, les vraies dents (ou parfois taillées dans de l'os) et les tonsures d'animaux... Incroyable !

 

Les diables ont souvent deux accessoires incongrus : un animal empaillé et une fiole d'alcool...pour animer la fête !

 

Même les enfants sont bien déguisés et connaissent les pas et cris des diables. On en a vu certains qui commençaient à peine à marcher mais qui défilaient déjà en rythme !

 

Certains font preuve d'imagination pour improviser des animaux domestiques !

 

Il est possible de louer ou d'acheter des masques et des costumes pour participer au défilé.

 

Certains ont des masques qui mesurent un bon mètre de haut... et ça pèse avec toutes ces cornes !!!...

 

... et autres attributs !

 

Les "guarichas" sont des personnages féminins représentant les européens. En général elles ont une poupée dans les bras et elles distribuent de l'alcool aux spectateurs, dans leurs fioles "maison" (impossible de refuser, il faut se prendre au jeu !).

 

Dans les rues se mêlent spectateurs, "bandas" (un groupe de musiciens accompagne chaque groupe, les chansons sont typiques de la diablada) et danseurs (diables et guarichas notamment).

 

Tous les jours, plusieurs groupes venant de différentes "parroquias" du canton défilent. Chaque groupe défile 2 jours sur la semaine. C'est un évènement très attendu que les différents villages préparent tout au long de l'année.

 

Les diables savent jouer avec les spectateurs et trouvent toujours des moyens de surprendre... ou de faire peur !

 

 

 

Et comme dans toutes les fêtes, les vendeurs ambulants sont au rendez-vous. Voici quelques clichés de ce qui nous paraît vraiment original !

Dans la Sierra, les cochons d'inde à la broche sont très appréciés... C'est un plat de fête !

 

Le "mote" (gros grains de maïs blanc) avec pommes de terres et chicharrón (sortes de fritons de porc)

 

Glaces granités ! Un bloc de glace est placé au milieu et en tournant la roue, les crampons grattent la glace qui est ainsi mise dans des gobelets, puis arrosée de sirops et de lait condensé sucré.

 

Et il y a toujours des vendeurs de barbe à papa sous plastique (repérables de loin!)

 

Le lendemain on va à la mairie pour avoir des informations... et on se retrouve couverts de cadeaux ! Les gens font vraiment tout pour développer le tourisme ici et savent recevoir les visiteurs ! Les personnes de la mairie chargées de la culture, très sympas, nous conduisent jusque chez Angel Velasco, un artisan qui fabrique les masque pour la diablada avec son fils et sa fille.

Dans l'atelier avec son fils... et tous leurs diables !
 

La structure des masques est faite en papier mâché puis elle est peinte avec une peinture très résistante, de type laque.

Quelques accessoires...

 

Ce n'est plus un masque, c'est une tour !!!

 

Les fouets des diables sont faits avec la peau de vache et avec des pattes de chèvres.

Il nous explique qu'il y a 30 ans, avant que la fête ne devienne patrimoine culturel, le défilé était aussi l'occasion de règlement de comptes entre les parroquias : certains mettaient du piment sur les pattes de chèvres (les diables ont toujours l'habitude de les frotter sous les nez ou sur les yeux des spectateurs), d'autres du fil barbelé dans les fouets... et les animaux n'étaient pas empaillés ! Serpents et autres animaux en tous genres...

Les toisons en poils de mouton ou de lama. Sachez que les poils continuent à pousser sur la peau séchée !

Fred n'a pas réussi à se décider !!!

 

Un des masques originels de la Diablada, conservé comme une pièce de musée.

La Diablada a son origine à l'époque de la Conquista espagnole. C'était un jour durant lequel les communautées indigènes se libéraient de l'oppression du joug espagnol et de l'Église.

Si vous êtes en Equateur la première semaine de janvier, on vous conseille donc d'aller voir ou participer à cette belle fête unique en son genre qui permet aux traditions de se perpétuer !

N'oubliez pas d'aller faire un tour au marché, où de bons jus vous attendent pour une petite pause ou pour un bon petit-déjeuner !
 

Nous, dans 40 ans ?!

 

Hasta pronto Píllaro ! Retour à la maison... Cuenca, Cuenca, Cuenca !

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